Le 26 juillet 1939

70 ans déjà

naissait à Rouen, Jacques plus connu aujourd'hui sous les surnoms de Jacquot ou Coco. Ses parents, Raoul et Germaine, avaient déjà deux garçons. Ils habitaient sur la grande avenue principale de Rouen et c'est là que Germaine fut l'une des victimes de cette maudite guerre lors d'un terrible bombardement...

Une vie qui s'arrête là, si jeune, et 4 membres de la famille, anéantis par le chagrin, 3 jeunes enfants qui tout au long de leur vie ne cesseront jamais de s'accrocher aux trop peu de souvenirs qu'ils auront de leur maman et qui décideront de venir les chercher le plus souvent possible dans ce joli village de Bretagne d'où Germaine était originaire : Port Navalo.

L'enfance de Jacquot a sans doute été difficile entre un père au travail, une grand mère maternelle plutôt sévère et l'arrivée quelques années plus tard d'une belle mère (ma mère) et de son jeune fils. L'album de photos familial permet de constater que Port Navalo a toujours été très présent dans la famille. Puis je suis arrivée en 1956. Ma naissance n'a parait-il pas fait plaisir à tout le monde mais Jacquot lui, qui avait alors 17 ans, semble m'avoir bien accueillie. D'ailleurs lorsque j'étais toute petite et qu'il me promenait, accompagné de Monique, tout le monde pensait que j'étais leur fille. Puis très vite Jacquot est parti pour de longs mois au service militaire, dans l'aviation à Dijon. A son retour il s'est marié avec Monique. Un mariage très simple en décembre 1961, je me souviens du tailleur bleu de la mariée et de son tout petit voile blanc. Maman avait mis les petits plats dans les grands pour accueillir quelques invités dans notre petite hlm. Je revois mon plus grand frère, André, un tablier autour de la taille s'affairer dans la cuisine pour reprendre une mayonnaise que maman n'arrivait pas à terminer.

Puis Jacquot et Monique ont vecu dans leur petit appartement au 4ème étage d'une petit hlm face au stade. De sa fenêtre Jacquot suivait les matchs de foot régulièrement. Monique travaillait dans une école, Jacquot sur le port de Rouen comme notre père. Et moi souvent le soir en sortant de l'école, je montais voir Monique qui avait toujours des petites douceurs à m'offrir. Je me souviens de l'époque de la Floride décapotable, des jupes plissées blanches de Monique. En décembre 1966, ils m'ont offert mon premier tourne-disque et un disque de Michel Polnareff.

Ma mère était une excellente tricoteuse, et Monique qui était une très jolie femme portait très souvent des jolies robes tricotées par Maman et Jacquot des gilets bleu marine comme il les aimait. Inutile de préciser que toutes les grandes vacances c'était à Port Navalo qu'elles avaient lieu. Il y a eu dans la vie de mon frère des passages très difficiles, comme dans toutes les vies mais notre différence d'âge, ne nous a pas permis de les partager. Mais je sais combien il a eu peur de perdre sa "pépette" quand le cancer est venu roder tout près du coeur de Monique. Puis il y a eu la mort de notre frère Jean avec lequel nous étions très proche chacun à notre manière en raison de nos différences d'âge.

Le moment de la retraite venu, c'est tout naturellement à Port Navalo qu'ils se sont installés. C'est là qu'ils coulent des jours paisibles, entourés de bâteaux, d'hortensias, d'amis pêcheurs avec en fond de toile le cri des mouettes et le vent du large. Ils sont heureux d'y voir venir leur famille... Je suis heureuse d'avoir pu être des leurs pour cet anniversaire et ainsi de réintégrer une famille qui me manquait...

 

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