UNE ECOLE PAS COMME LES AUTRES
 
Cette petite école est située en Normandie près de Rouen. J'en ai d'excellents souvenirs pas en qualité d'élève mais de parent d'élèves. 
 Dans cette école privée, les enfants sont accueillis de la maternelle au CM2. Tout y est réuni pour que les enfants s'y sentent bien. Je connais bien cette école pour y avoir confié mes enfants. Aujourd'hui adultes, ils en gardent un bon souvenir et aiment évoquer le nom de leurs institutrices. Ils se souviennent de ces kermesses annuelles, journées de véritables fêtes. Souvent un thème par classe était choisi et commençait alors pour les maîtresses mais aussi pour les mamans un véritable casse tête : la confection des costumes. J'aimais participer à la vie de l'école et les actes de bénévolat y étaient fort appréciés. Ma première implication fut de donner quelques idées de travaux manuels aux CM2. Ces quelques heures sont vite devenues un moment de plaisir pour ces jeunes enfants. Nous confectionnions des cerf-volants, des cadres de fleurs séchées, des petites poteries etc...Puis cette école se chargeant de l'éducation religieuse des enfants qui le souhaitaient, je devins catéchiste et je dus alors faire appel à mes souvenirs et c'est avec plaisir que je remplissais ma mission avec l'aide du personnel enseignant. Aujourd'hui, je regrette que mon petit dernier n'ait pu profiter davantage de cette bonne vieille école puisque nous avons déserté la région. Peut-être aurait-il apprécié, lui aussi, les couleurs vives masquant la vieillesse des murs et des huisseries, l'accueil chaleureux de la directrice, la venue du père noël et le sachet de bonbons, le voyage scolaire au zoo de Clères (pas toujours mais souvent) et la kermesse annuelle. J'ai souvent aidé des mamans à la confection des costumes. C'est ainsi qu'une année j'ai dessiné sur environ 25 petits costumes de Bisounours des gâteaux, des arc en ciel, des nounours etc. En 10 ans, j'ai fabriqué une fraise, un roi, une demoiselle de la cour, un superman, une punk, des bérets de marins, des sans-culottes, des chapeaux de schtroumpfs, une espagnole, un africain, une africaine, des danseuses de french cancan, des clows, des indiens, des cow-boys etc. 
Dans cette école règnait une belle ambiance familiale et les problèmes étaient étudiés avec soin et toujours résolus avec sagesse. 
Je me souviens avoir été très impressionnée, le jour de la fin de la première année scolaire de mon fils aîné, par le nombre de cadeaux et de fleurs reçues par la maîtresse. Il faut bien reconnaitre qu'elle le méritait amplement mais qu'allait-elle faire de tout cela ? L'année suivante aidée d'une amie, j'ai proposé aux mamans que nous mettions en commun cette somme d'argent prévue pour la maîtresse et que nous achetions ainsi un cadeau plus gros et surtout utile. Une autre maîtresse devint notre complice et nous avons ainsi pu offrir le cadeau qui ferait vraiment plaisir. Bien sûr ce sytème fut suivi par d'autres mamans pour les autres classes et quand personne ne prenait l'initiative, mon amie et moi nous occupions de faire la collecte afin que toutes les maîtresses soient récompensées. Cette journée se terminait par un goûter offert aux enfants et juste avant la sonnerie, enfants, institutrices et parents présents et volontaires entamaient une ronde géante en chantant "ce n'est qu'un au revoir". 
C'était une époque formidable. 
Annie 
 

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